Mon amour, j'ai peur.
Quand tu liras ces mots, tu ne seras plus à mes cotés. Tu seras dans ton train pour Toulouse, une main effleurant la vitre machinalement, nerveusement, peut-être. Je serais seule, dans ce même salon, à fixer cette horloge qui avait appartenu à ma grand-mère, à souhaiter que le temps défile, se lance dans une course folle et ne s'arrête que lorsque mon regard aura retrouvé le tien.
Mon amour, j'ai peur. Peur de moi. Peur de toi. Peur de ce silence qui assourdira bientôt mes oreilles. Peur de ton absence certaine. Peur.
Tu sais, de toi, j'aime tout mis à part tes pas qui s'en vont, qui me quittent. J'aime me plonger dans tes yeux comme l'on plongerait dans un coeur, sans avoir peur de s'y perdre. J'aime ta voix, douce, apaisante. J'aime tant t'entendre fredonner, vivre les paroles que tu entraines dans une tendre farandole. J'aime te sentir près de moi. Ta présence me rappelle qui je suis. Je me sens tellement moi même lorsque tu me prends délicatement la main en jouant avec mes doigts. Quand tu poses tes mains sur mes yeux, que je te dis que je sais que c'est toi, tout bas, si bas que tu me le fais répéter, lentement, pour faire durer le plaisir. Je me retourne, c'est bien toi. Nous sourions, de ce même sourire, celui que l'on ne peut repousser, celui du bonheur. Je me mets sur la pointe des pieds pour t'embrasser en douceur, le coeur battant la chamade, comme si c'était la première fois.
Avec toi, tout a un nouveau goût. Comme une goutte de sucré derrière la dominance aigre. J'apprend, je découvre mon propre univers , avec l'extase d'une gosse qui ouvre les yeux pour la toute première fois. On dit que l'amour rend aveugle. Toi, tu me fais voir au delà de tout. Peut-être que notre amour est excentrique. Mais ça ne me dérange pas. Cela prouve son authenticité.
Mon amour, je tiens tellement à Toi que je pourrais écrire des heures et des heures juste pour le plaisir de savoir que tes pupilles effleureront mes syllabes.
Tu dors dans la pièce d'à coté. Demain tu partiras tôt. Très tôt. Mais je ne dormirais pas. Je préfère tes bras à ceux de Morphée. Je voudrais te retenir mais je sais que je n'essayerais même pas. Ce serait vain. Un été sans toi. Un été couleur d'hiver, où chaque seconde respirera le manque, où tout sera pâle, bien pâle, si pâle..
N'oublies pas que tu es mon souffle.
La plume qui rédige les ombres et éclaircies de ma vie.
Sans Toi, je n'existe plus. Reviens moi vite.
