Les emplirent d'une grandeur dont ils seront fiers. Les bras levés, ils ne compteront pas les regards tournés vers eux.
Les rendre doux, tendres, attendrissants. Là encore ils possèdent une grande puissance. Être capable de s'installer dans un endroit peu accessible. Cette zone qui nous fait vivre. Là où l'on aime et l'on déteste. Là où les sentiments se passent le tour. Le c½ur. Et lorsque les mots s'y logent, ils sont encore une fois capable de tout. Capable de nous donner un espoir, même déchu, capable de nous donner un sourire précieux, capable de nous apporter le bonheur. Même si, tapis dans l'ombre, un orage peut toujours répéter son texte avant son entrée en scène.
Leur donner une allure sèche, autoritaire, presque méchante, violente, démesurée. Chacun de leurs mouvements sont brusques et atteignent avec une facilité affligeante la personne concernée. Parce qu'on accepte parfois plus facilement la douleur. Parce qu'un poignard s'enfonce sans trop forcer, alors que l'amour a besoin d'arriver à tâtons pour être certaine de rester dans la course. Parce que pour tomber il suffit d'une seconde, et que pour toucher le ciel il faut parfois des années. Rien n'est jamais sûr. Et au fond, c'est peut être le risque qui rend tout plus précieux.
Les murmurer, chuchoter. Envoyer des syllabes par intermittences. D'une allure timide. Bafouée. Peu claire. Ne pas oser. Se prendre les pattes dans une virgule et se dire, qu'au fond, ce n'est pas nous qui dirigeons les mots, mais les mots qui nous dirigent.
Les mots ont différents caractères, différentes positions, faces, qu'ils montrent ou qu'ils ne dévoilent pas. C'est parfois entre les lignes que résident la clé. Mais le mystère est omniprésent. Comment savoir ? Comment être sûr que derrière chacune de ces lettres, il y a la vérité ? Les mots sont dangereux. Mais n'est ce pas le danger qui nous donne parfois envie d'avancer ? Curiosité. Tenté.
Je renvoie l'ascenseur.
