On aurait très bien pu être amis. Tu sais, ces deux personnes qui remuent ciel et terre pour se voir, se parler. Parce que ces instants sont toujours uniques grâce à ce grain de folie complice, à cette simplicité, ce rire qui coule de lui même. Tu sais, on aurait très bien pu se retrouver à boire un café au bord de la mer, même si l'un de nous deux n'aime pas tout particulièrement le café, mais que pour l'autre il aurait tout avalé.
On aurait pu s'arrêter sur un banc et arrêter le temps par la même occasion. Et écouter tout. Même le silence de l'autre. Et puis, regarder la vie qui s'active autour de nous.
Nos regards auraient pu se croiser et dans le creux d'une pupille on y aurait vu scintiller l'ombre d'un sourire. Tu sais.. Tu sais, ce n'était pas si complexe de prendre la main dans la tienne, de refaire le monde à notre façon, de photographier le moment, d'un battement de cil.
Tu sais, on n'est pas obligé d'éviter les épines pour atteindre les pétales. Si tu m'avais demandé quel chemin prendre, je t'aurais indiqué un champs de coquelicots et on aurait pu y voir fleurir la joie, sans les brûlures qu'infligent les épines.
Mais, à présent, c'est ton dos que je vois. La courbe de ton dos qui s'éloigne et disparaîtra au coin de la prochaine rue. Je ferme les yeux pour ne pas voir tout ça.
Et tu ne sais même pas, et tu n'imagines pas qu'il aurait suffit de me crier :
<< Prends tes clics et tes clacs, je me fiche d'hier, je veux voir demain. Et viens, viens, il parait que cette nuit le ciel enverra des étoiles pour illuminer tes rêves. Viens, viens, et nous irons les compter. >>
